Manger du gibier, c’est choisir une viande sauvage, maigre, locale et tracée, issue d’animaux qui ont vécu librement. C’est aussi un geste de table qui prolonge la chasse : une viande de saison, riche en protéines, en fer et en vitamines du groupe B, que l’on cuisine depuis toujours pour les repas qui comptent. Voici pourquoi elle mérite sa place dans votre assiette, comment la choisir et comment la servir, notamment pour les fêtes de fin d’année. Pour passer aux fourneaux, suivez notre guide Comment cuisiner le gibier : du prélèvement à l’assiette.
Cette vidéo présente les atouts du gibier pour la santé. Les points essentiels sont repris et détaillés ci-dessous.
Déroulé temporel
- [00:06] Les avantages nutritionnels du gibier : Comparaison avec l’élevage industriel, absence de mauvais cholestérol, d’antibiotiques et d’hormones de croissance.
- [00:52] Le choix d’une viande éthique et locale : Le mode de vie sauvage des animaux et la préservation de la faune et de la flore par les chasseurs.
- [01:24] Préparation et cuisson à la broche : Exemple pratique avec un faisan, astuces de badigeon (huile d’olive,moutarde, sel, poivre, ail, épices) pour garder la chair tendre.
- [02:35] Variantes et cuisson du sanglier : Techniques pour rôtir ou farcir le gibier sans altérer la venaison.
- [04:04] Récupération des jus et arrosage : Conseil pour éviter le dessèchement de la viande pendant la cuisson.
Les bienfaits nutritionnels de la viande de gibier
La viande de gibier sauvage se distingue d’abord par sa faible teneur en graisses. Les animaux se déplacent beaucoup et se nourrissent de ce que leur offre le milieu naturel : leur chair est plus ferme et plus maigre que celle de la plupart des viandes d’élevage, tout en restant dense en protéines (de l’ordre de 20 à 25 g pour 100 g de viande crue).
Composition de la viande de gibier
- Protéines de bonne qualité, avec un apport énergétique contenu.
- Fer sous une forme bien assimilée par l’organisme, utile pour le transport de l’oxygène dans le sang.
- Zinc, qui intervient dans l’immunité, la cicatrisation et le goût.
- Vitamines du groupe B (B3, B6, B12), précieuses pour le métabolisme énergétique et le système nerveux.
- Phosphore et potassium, en quantités significatives.

Le concept de Cynégétarien
Après une bonne maturation idéalement en chambre froide (ou dans votre frigo si vous n’en avez pas) la viande devient tendre et savoureuse. Beaucoup plus que celle de « viande industrielle » et souvent plus que la plupart des commerces habituels.
… c’est pourquoi aujourd’hui à la Team ChasseTube, nous sommes devenus Cynégétariens : nous ne mangeons plus de viande, à l’exception du gibier. Pauvre en lipides, hautement digestible et naturellement riche en nutriments essentiels, la venaison consommée dans le cadre d’un mode de vie équilibré a toute sa place dans l’alimentation. Les personnes sujettes à la goutte ou suivies pour un problème de santé doivent demander conseil à leur médecin, comme pour toute viande riche en purines.
Le professeur Ducluzeau, du service de nutrition du CHU d’Angers, a étudié la valeur nutritionnelle des gibiers les plus courants : lièvre, faisan, perdrix et grand gibier présentent un profil intéressant face aux viandes les plus consommées.
Quel gibier choisir ? Repères de goût et d’usage
| Gibier | Profil | Goût | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| Chevreuil | Très maigre | Délicat | Noisettes, rôti, sauce poivrade |
| Biche, cerf | Maigre | Fin pour la biche, plus marqué pour le cerf | Rôti, filet, en croûte |
| Sanglier | Plus gras que le chevreuil | Marqué | Civet, daube, cuissons longues, terrines |
| Lièvre | Maigre | Prononcé | Civet, terrine, râble |
| Faisan, perdrix | Maigre | Volaille de caractère | Rôti, aux choux, en cocotte |
| Canard sauvage | Maigre | Prononcé | Filets façon magret, cuisses confites |

Un choix durable, local et éthique
Le gibier sauvage vit librement et se nourrit de ce que lui offre la nature : il ne reçoit pas les traitements ni l’alimentation de l’élevage. Sa chair est issue d’un territoire précis, ce qui en fait un produit de circuit court par excellence.

La consommation de gibier s’inscrit aussi dans la gestion des populations animales. La chasse permet de réguler certaines espèces, notamment le grand gibier, afin de limiter les dégâts aux cultures et aux forêts. Valoriser la venaison évite que cette viande ne soit perdue.
Le respect de l’animal commence avant la cuisine : un tir précis limite la souffrance et préserve la viande. Pour savoir où viser selon l’angle de présentation, lisez notre article sur la zone vitale des cervidés.
Ce sujet suscite des opinions diverses, et c’est légitime. Ceux qui mangent du gibier mettent en avant la traçabilité, le respect de l’animal et la cohérence avec le geste de chasse : manger ce que l’on prélève, ou ce que prélèvent des chasseurs identifiés. Ceux qui y sont opposés contestent la chasse elle-même. Connaître l’origine de sa viande reste, dans tous les cas, un bon point de départ. Derrière chaque vidéo, chaque image et chaque article partagé par la Team ChasseTube, il y a d’abord une éthique de fer.
👉 Respecter la dépouille et valoriser la venaison font partie de notre charte d’éthique.
Gibier à table pour les fêtes de fin d’année
Le gibier est un produit de saison par nature, et les fêtes de fin d’année sont un excellent prétexte pour en servir. Sa chair maigre convient bien à un repas copieux, et il apporte une touche locale et originale à la table du réveillon ou de Noël.

Idées de plats
- Noisettes de chevreuil sauce poivrade ou aux airelles (nos conseils chevreuil et cerf)
- Rôti de biche en croûte
- Faisan rôti aux marrons, ou perdreau aux choux
- Daube de sanglier, ou civet de sanglier ou de lièvre, préparés la veille
- Méchoui de sanglier pour un grand repas de chasse (voir la recette)
- Filets de canard sauvage façon magret et cuisses confites (voir la méthode)
- Terrine de gibier en entrée
Quantités et organisation
Comptez environ 150 à 200 g de viande désossée par personne, un peu plus pour un civet ou une pièce avec os. Un faisan convient généralement à 2 ou 3 convives. Les cuissons mijotées gagnent à être préparées la veille, ce qui libère du temps le jour du repas. Pour savoir quels morceaux garder, comment les conditionner et les congeler, consultez le guide Comment cuisiner le gibier.
Pensez à commander à l’avance : une à deux semaines avant le repas est une bonne règle, que ce soit chez votre boucher, auprès d’un chasseur ou d’un producteur local.
Et pour souhaiter de joyeuses fêtes à vos amis chasseurs, partagez notre vidéo de vœux : c’est bien plus original qu’une carte postale.

Sécurité sanitaire : ce qu’il faut savoir
Comme toute viande fraîche, le gibier sauvage est une denrée fragile. Quelques règles simples garantissent une consommation sûre :
- Examen initial : le gibier destiné à la consommation doit avoir été examiné par une personne formée, ou passer par un établissement agréé.
- Sanglier : l’analyse trichine est obligatoire pour la viande commercialisée et fortement recommandée pour l’autoconsommation. Dans tous les cas, la viande se cuit à cœur à 70 °C minimum : voir nos recettes de sanglier.
- Cuisson à cœur recommandée pour le gibier, en particulier pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.
- Conservation : gardez la viande au froid, et congelez-la si vous ne la consommez pas rapidement.
Gibier et plomb : un point de vigilance
Le gibier tiré avec des munitions au plomb peut contenir des fragments de métal à proximité du tir. Les autorités sanitaires, dont l’ANSES, recommandent aux jeunes enfants, aux femmes enceintes et aux femmes qui allaitent de limiter leur consommation de gibier tué au plomb. Pour les autres, il suffit d’écarter généreusement la zone touchée autour de la blessure lors de la découpe. Des munitions sans plomb existent aujourd’hui pour de nombreuses chasses : voir notre guide pratique des munitions et de la balistique de chasse.

Où acheter du gibier et comment le choisir
- Boucheries et marchés : le plus simple pour une pièce déjà découpée et prête à cuisiner.
- Chasseurs et sociétés de chasse : circuit court, avec une traçabilité directe, dans le respect de la réglementation sanitaire.
- Rayons des grandes surfaces : pratique, mais vérifiez l’origine, car une part importante du gibier vendu en France est importée.
- Marque-label Gibiers de France : elle garantit un gibier sauvage français, tracé du territoire de chasse à l’assiette.
Pour bien choisir, fiez-vous à l’aspect de la viande (chair bien colorée, ferme, sans odeur forte) et demandez toujours l’espèce, l’origine et la date de prélèvement.
Questions fréquentes sur la consommation de gibier
Oui, c’est une viande maigre, riche en protéines, en fer, en zinc et en vitamines du groupe B. Comme toute viande, il se consomme dans le cadre d’une alimentation variée.
Non, en général. Les gibiers comme le chevreuil, le cerf, le lièvre ou le faisan sont plus maigres que la plupart des viandes d’élevage. Le sanglier est un peu plus gras mais reste un choix intéressant.
Oui, à condition de le consommer bien cuit à cœur, d’éviter les préparations crues ou saignantes, et de limiter le gibier tué au plomb. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme.
Ce n’est pas obligatoire. La marinade attendrit les viandes les plus fermes et apporte du parfum, mais un gibier jeune se cuisine très bien sans. Elle est surtout utile pour les civets et les cuissons longues.
Chez un boucher, sur les marchés, auprès de chasseurs ou de sociétés de chasse, ou en grande surface. Vérifiez l’origine : la marque Gibiers de France garantit un gibier sauvage français tracé.
Conclusion
Manger du gibier, c’est donc retrouver une viande de caractère, maigre et tracée, qui s’accorde aussi bien avec un repas du dimanche qu’avec la table des fêtes. Que vous chassiez vous-même ou que vous achetiez chez un artisan, privilégiez toujours l’origine connue et la cuisson à cœur. Retrouvez toutes nos recettes de gibier, et si l’envie vous prend de chasser vous-même, découvrez pourquoi passer le permis de chasser.



