ATTENTION : CHIENS DE CHASSE MORTS EN 3 JOURS !

La maladie d’Aujeszky ou pseudo-rage a été identifiée en 1902 par un vétérinaire Hongrois. C’est une maladie due à un virus de la famille Herpes. Elle est répandue dans le monde entier, et n’est pas transmissible à l’homme. Elle touche les suidés domestiques ou sauvages, qui constituent le réservoir de virus. Elle peut être transmise par contact, ou par ingestion de viande infectée, aux ruminants et aux carnivores comme les chiens.

Chez le chien, la maladie est toujours mortelle en moins de 3 jours, et chez le chat en quelques heures. Les porcs ou les sangliers n’en meurent pas, mais présentent des troubles souvent discrets : fièvre, toux, prurit, avortements.

Le chien présente des troubles plus marqués, précédant la mort : abattement, fièvre, troubles de l’équilibre, convulsions, prurit intense avec parfois auto- mutilation. Il n’existe aucun traitement !

Il n’est pas possible de diagnostiquer la maladie chez le sanglier, vivant ou mort, sauf tests biologiques. Tout sanglier peut en être porteur.
Des foyers sont signalés dans le 06 et le 83.
Des foyers porcins en élevage (donc contaminés par contact avec des sangliers) sont signalés dans le 04 et le 84.

Soyez donc particulièrement prudents dans ces départements.
Pour vos chiens, les consignes de sécurité sont les suivantes:
– ne pas laisser les chiens piller (mordre) les sangliers tués.
– ne pas leur donner de la viande ou des viscères des sangliers tués.

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La peste porcine africaine à dix kilomètres des frontières françaises… Un enjeu considérable.

Par Gérard BEDARIDA, Dr Matthieu COUSTY

Le 12 septembre 2018, le laboratoire national de référence belge Sciensano a confirmé la présence du virus de la peste porcine africaine (PPA) sur deux sangliers retrouvés morts dans la commune d’Etalle en Belgique, à proximité des frontières française et luxembourgeoise. Depuis 4 autres sangliers infectés ont été trouvés morts en forêt, ainsi qu’un jeune sanglier abattu pour des raisons sanitaires (faiblesse).

Compte-tenu de la vitesse de propagation de la maladie (1 à 2 km par mois par voie naturelle et potentiellement plus en cas de transport du virus par une voie humaine), la France devient susceptible d’être contaminée.
La particularité de ce virus est qu’il est extrêmement contagieux et qu’il présente un taux de mortalité très élevé en 7 à 10 jours dans la majorité des cas.

Il s’agit donc d’une maladie très contagieuse mais sur un intervalle limité dans le temps. Les clés du contrôle de cette maladie sont donc la détection puis l’élimination des animaux malades et morts suivie de la réduction des densités pour limiter la contamination.

Causes, moyens d’action et stratégie

Causes d’apparition de la maladie en Belgique :

La cause accidentelle est privilégiée. La maladie a été très probablement transmise via des déchets alimentaires en provenance de pays d’Europe de l’Est infectés par la PPA et laissés sur une aire de repos sur une route à 4 voies. Les sangliers malades ont été découverts à proximité de cette aire de repos.

L’hypothèse d’une introduction volontaire s’avère improbable que ce soit pour des raisons de faisabilité ou de coût. Il faudrait en effet être allé chercher de la viande avariée en grande quantité à 2 500 km de là puis l’avoir dispersée en forêt. Toute comparaison avec une introduction volontaire du type myxomatose relève donc de l’affabulation ou de la « fake news » pour employer un anglicisme à la mode.

Moyens de lutte contre la PPA dans le cas de la faune sauvage :

Comme il n’existe ni traitement ni vaccin pour contrer la maladie, les efforts portent en priorité sur la limitation de diffusion.
Cet effort porte dans deux directions :

  • Limiter la diffusion naturelle par contact entre sangliers,
  • Eviter la transmission accidentelle par l’homme d’un endroit à un autre.Limitation de la diffusion naturelle
    Cette limitation est tout d’abord facilitée par le très fort taux de mortalité des animaux touchés : 80% meurent.
    Elle doit ensuite être renforcée par l’interdiction de tout dérangement humain sur la zone suspecte. C’est ainsi que les autorités belges ont suspendu la chasse, la cueillette de champignons, le jogging ou la promenade en forêt sur les zones à risque.

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